
En marge de la commémoration de la journée mondiale de l’eau célébrée chaque 22 mars de l’année, la rédaction de aruinfos.com a voulu en savoir plus sur le projet d’adduction d’eau de Centre d’Initiative au Développement Rural en Ituri (CIDRI) en sigle dans la commune d’Aru.
Selon la responsable de Comité de Gestion d’Eau Potable à Aru (COGEPA), maman Pauline Obhiru; qui a retracé l’historique de ce projet, celui-ci est l’initiative du Comité de Développement de la Zone d’Aru à l’époque,(CODEZA) en sigle, qui a vu ce projet être réalisé à Bunia, chef lieu de l’actuelle province de l’Ituri comme à Mahagi dans le territoire voisin d’Aru. Après s’être renseigné et d’entrer en contact avec les bailleurs, c’est finalement Protos, une ONG des missionnaires catholiques belges qui a accepté de financer le projet pour Aru.
« L’ONG CIDRI est arrivée à Aru en 1984, débute le captage en 1998 et l’eau coule finalement pour la première fois dans le robinet au quartier Essefe à l’an 2000 avec un début de 9 litres par seconde » a-t-elle raconté.
Depuis lors, beaucoup de choses ont changé et l’eau de CIDRI a commencé à connaître des difficultés
« L’ONG est partie et a laissé un comité de gestion que je dirige jusqu’aujourd’hu. Les routes se sont élargies et les tuyaux placés jadis à 5m de la route sont aujourd’hui nus dans les routes et des maison ont été construites sur certains tuyaux ; ajouté à cela l’augmentation de la population de la commune d’Aru; et pour compléter, nous n’avons pas un stock des matériaux pour le remplacement, et pire encore le comité de base qui gérait chaque borne fontaine et composé de 7 membres est presque inexistant, ce qui rend difficile la perception de 750fc par ménage des bénéficiaires pour la maintenance et la prise en charge du personnel technique» a déploré la désormais responsable de cette eau au micro des reporters de aruinfos.com.
Ces faits ont entraîné la diminution sensible de début d’eau de 9 litres/seconde à 2litres/seconde ; ce qui a obligé le comité de gestion à recourir à Kibali gold mine pour financer un projet de captage supplémentaire des sources en vu d’augmenter le début
«Nous avons soumis à Kibali un projet pour le captage additionnel de 17 sources, mais au regard des difficultés propres à Aru, ils ont financé pour 9 sources, ce qui a fait passé le début de 2 à 6 litres par seconde. Mais avec le changement climatique et autres, nous sommes revenus, en février dernier à 4 litres par seconde» a expliqué Maman Pauline.
Pour elle, la chose la plus urgente à faire pour le moment est la protection des matériaux du réseau d’adduction de cette eau.
«Beaucoup de nos tuyaux sont aujourd’hui dehors comme je l’ai expliqué ci-haut. J’invite les parents à sensibiliser les enfants à protéger ces tuyaux car nous n’avons pas de réserve ; et que les bénéficiaires prennent conscience de payer le dû au comité de gestion»
Avant d’ajouter :
«que les autorités accordent de l’importance à l’eau comme elle le font dans d’autres secteurs de développement et autre. Nous avons nos correspondances chez les organismes nationaux; que les autorités locales nous appuient pour des suites favorable au bénéfice de ce captage d’eau jadis effectué par CIDRI, et qui est aujourd’hui une propriété de la communauté locale à travers le comité de gestion laissé en place par CIDRI»
Étant donné les priorités du gouvernement congolais et l’importance de l’eau à cette période de changement climatique, nous espérons que les efforts seront conjugués pour appuyer la maintenance de cet ouvrage et pourquoi pas améliorer davantage la desserte en eau potable de la population de la commune d’Aru. Les autorités politico-administratives et les élus ont du pain sur la planche.
Léonard Nziku