Dans un entretien accordé à aruinfos.com lors de la célébration mardi 03 décembre de l’année en cours lors de la journée internationale des personnes vivant avec handicap, Mme Mawazo Agnès, âgée d’une soixantaine d’années et l’une de cette catégorie de personnes vulnérables résidente au quartier Essefe dans la commune rurale d’Aru en Ituri, s’inquiète de ce qu’elles sont abandonnées à leur triste sort tout en témoignant la vie que mènent les handicapés de ce territoire.
« Nous, personnes vivant avec handicape en territoire d’Aru, nous vivons sans emploi depuis que notre centre n’est plus opérationnel, même l’État Congolais ne nous encadre plus. Il y en a parmi nous ceux qui sont des locataires mais sans revenu mensuel ni même un quelconque moyen financier pour se procurer des nourritures, le gouvernement nous a abandonnés ».
Et d’ajouter :
« Notre bonne vie a existé quand les sœurs canossiennes s’occupaient de nous. Elles nous avaient créé un centre de formation où nous apprenions la couture, la cordonnerie, et tant d’autres apprentissages en vue de notre auto prise en charge, mais depuis que ce centre ne fonctionne plus, nous sommes dispersés, chacun vit de sa manière, et notre vie s’est compliquée de plus en plus car il y a manque d’encadrement et nous n’avons pas d’activités génératrices des revenus ».
Face à cette situation, nous recommandons à l’État Congolais :
1. De s’occuper de nous tout en nous assistant financièrement et matériellement, tel qu’il se fait ailleurs ;
2. De réorganiser notre centre de formation des métiers car nous sommes des humains comme toute autre personne, sauf que nous sommes handicapés de certaines parties de nos corps.
Ainsi, Il en est de même avec Madame Makusi Ndruudjo Odette, responsable paroissiale de l’organisation de fraternité des personnes vulnérables et celles vivant avec maladies chroniques, une organisation au sein de l’église catholique qui se dit inquiète de cette situation que traverse ces personnes.
« L’organisation que je dirige est dépourvue de moyens pour le bon fonctionnement ; et comme les vulnérables connaissent que nous n’avons pas les moyens nécessaires, ils ne sont pas motivés à y être ; beaucoup sont délaissés par leurs proches d’où ils n’ont plus courage, pourtant le peu avec qui nous évoluons sont bien épanouis ».
« Je demande aux personnes de bonne volonté de venir en aide pour que les activités répondent aux attentes des personnes vivant avec handicapes, surtout de les soutenir comme bon leur semble car beaucoup ont des familles, malheureusement ils ne peuvent pas faire face à leurs attentes » lance-t-elle.
Notons qu’un cri d’alarme a été lancé par ces personnes vivant avec handicapes du territoire d’Aru qui sont abandonnées à leur triste sort, pour un secours urgent.
Léonard NZIKU ANGUAKU
