
Situé dans le village de Ligo, dans le groupement d’Adumi, chefferie des Kakwa en territoire d’Aru (Ituri), le site touristique de Kanda attire chaque année des centaines de visiteurs. Ce lieu historique, jadis utilisé durant la période de la traite des esclaves, reste aujourd’hui abandonné, sans encadrement, ni service d’entretien. Ceci sous l’œil impuissant des autorités compétentes.
Malgré sa valeur historique et touristique, aucune structure officielle ne gère le site. Les visiteurs y accèdent librement, sans aucun paiement ni orientation. Cela représente un grand manque à gagner pour la province de l’Ituri et le développement du territoire d’Aru en particulier.
Plus de 300 personnes le visitent annuellement, selon certaines sources locales. Pourtant, aucun système de billetterie, d’accueil ou de sensibilisation n’a été mis en place. Ce laisser-aller interpelle les autorités à tous les niveaux.
Un jeune leader du milieu tire la sonnette d’alarme. Il déplore l’inaction des autorités et l’indifférence face à la valeur de ce site.
« Nous voyons, mais nous ne regardons pas. Ce site pourrait devenir une fierté et une source de revenus pour notre communauté, mais il est laissé à l’abandon ».
« Il est temps que ce site soit reconnu par l’état, et le valoriser, ça peut booster le développement du milieu », a-t-il suggéré, abordé par Aruinfos.com
Il sied de rappeler que par le passé, le site de Kanda servait de lieu de transit pour les captifs lors de la traite des noirs. Un grand trou y avait été creusé pour y enfermer les esclaves, les empêchant ainsi de s’enfuir.
Aujourd’hui encore, malgré son importante valeur historique, ce site, malheureusement oublié, continue d’accueillir des visiteurs désireux de revivre cette réalité sur place.
Jonas ALORO