Dans un contexte marqué par de nombreux défis sanitaires en province de l’Ituri, les professionnels de santé de la Zone de Santé Rurale d’Aru sont réunis du lundi 11 mai au Mardi 12 mai à un atelier de restitution organisé sous l’égide de l’Ordre National des Infirmiers du Congo.
Cette rencontre de deux jours à eu lieu dans la salle polyvalente Bruxelles située au quartier Katanga, elle visait à restituer les conclusions de la troisième édition du Colloque Africain des Soins Infirmiers et Obstétricaux (CASIO), tenue à Kinshasa en novembre dernier, autour du thème : « Les infirmiers et les sages-femmes face aux défis de la Couverture Sanitaire Universelle en Afrique ».
À travers ces assises, les organisateurs entendent renforcer les capacités des infirmiers et sages-femmes afin d’améliorer la qualité des soins offerts à la population, particulièrement dans les zones rurales où l’accès aux services de santé reste encore limité.
Au programme des échanges figurait notamment le renforcement des capacités sur le code de déontologie, le leadership infirmier ainsi que la communication en milieu professionnel. Les travaux aborderont également la question de la lutte contre les violences basées sur le genre en milieu de soins, considérée aujourd’hui comme un défi majeur dans plusieurs structures sanitaires.
Prenant la parole lors de l’ouverture des travaux, le médecin chef de zone de la Zone de Santé Rurale d’Aru, le docteur Amanga Ama Jacques, a insisté sur la nécessité pour les participants de sortir transformés de ce colloque :
« Vous êtes invités ici pour ce colloque, mais vous devez sortir en étape B parce que vous êtes entrés en étape A. Si vous sortez sans transformation, ce sera une perte de temps. Nous savons que nos structures ont des problèmes. Les infirmiers réfléchissent parfois en termes de temps de sortie sans se soucier des maladies. Vous n’allez pas recevoir ici une théorie qui tombera du ciel, mais il s’agit d’un travail d’ensemble et méthodique. Certains seront désignés pour le rapportage. Pour cela, il faut retenir les problèmes identifiés, les objectifs ainsi que les actions à mener. Si vous améliorez la qualité du leadership, la déontologie deviendra une pratique normale des règles de conduite morale afin de grandir dans l’exercice de la profession infirmière », a-t-il déclaré.
De son côté, monsieur Alphonse Alidra, président territorial de l’ordre des infirmiers et facilitateur du colloque, a rappelé l’importance de la responsabilité professionnelle dans le système sanitaire :
« Nous voulons, à l’occasion de ce colloque, sensibiliser les infirmiers à prendre leurs responsabilités en main et à donner de la valeur à leur noble profession qu’est la profession infirmière. Celle-ci joue un rôle capital dans le système de santé. En organisant notre domaine, nous pourrons ensemble avancer vers les objectifs de développement durable, notamment celui de la couverture sanitaire universelle », a-t-il fait savoir.
Les activités ce sont clôturées ce Mardi 12 mai, à l’occasion de la Journée internationale des infirmiers. Pour marquer cette célébration, un match de football a opposé les infirmiers des différentes structures sanitaires de la Zone de Santé Rurale d’Aru aux élèves de l’Institut Technique Panafricain de la Santé Communautaire d’Aru associés à ceux de l’Institut Technique Médical d’Aru. La rencontre s’est soldée par une victoire des infirmiers sur le score de 4 buts à 2.
Dans une région confrontée à des besoins sanitaires croissants, ce cadre d’échange et de formation apparaît comme une étape importante pour promouvoir des soins plus humains, plus professionnels et adaptés aux réalités des communautés locales.
Cédrick Arnold
