
Dans une correspondance adressée à l’administrateur du territoire d’Aru en province de l’Ituri (RDC), la fondation Angunizu Manikani Georges (AMG) monte au créneau pour dénoncer ce qu’elle qualifie de « tracasseries et extorsions grandissantes » de la part de certains éléments de la police nationale congolaise (PNC), des FARDC et de la garde républicaine, dont les populations locales sont victimes, notamment sur les routes de desserte agricole.
La fondation AMG fait état de l’existence de nombreuses barrières illégalement érigées dans le territoire d’Aru, notamment sur les axes menant vers les zones agricoles. Ces barrières, selon cette fondation, sont souvent tenues par des agents de l’ordre exigeant des paiements arbitraires sans aucun reçu officiel.
« Le passage est conditionné par le paiement d’une quelconque somme sans aucune preuve de paiement », déplore la fondation, citant le cas du village Tseku, où une barrière a été placée sur un simple sentier rural, emprunté par les paysans.
Par ailleurs, la fondation pointe du doigt un « bouclage permanent » de certains axes routiers par la brigade routière, qui fonctionne même les dimanches et les jours fériés, avec des horaires allant de 4 heures du matin à 21 heures. L’axe Aru-Ariwara, en direction de la frontière ougandaise, est cité comme exemple de zone fortement touchée par ces pratiques.
La chefferie des Zaki et celle des Kakwa sont également mentionnées comme victimes d’abus répétés, notamment à travers des arrestations arbitraires, des détentions illégales et des extorsions des biens des paisibles citoyens.
« Le cachot d’Aru est rempli majoritairement des fils et filles des Zaki, victimes de complot machiavélique », souligne la correspondance signée par Angunizu Manikani Georges, coordonnateur de la fondation.
Face à cette situation, la Fondation AMG formule plusieurs recommandations :
1. La suppression immédiate de toutes les barrières illégales, y compris celles tenues par des militaires.
2. L’exigence d’une preuve de paiement pour toute perception légale.
3. L’interdiction des barrières de collecte de fonds sur les routes agricoles.
4. Le respect strict des heures de travail.
5. L’arrêt des amendes exagérées.
6. Le respect des instances pré-juridictionnelles coutumières dans la gestion des conflits locaux.
Signalons que, lors du dernier passage du gouverneur militaire en territoire d’Aru, ce dernier avait promis de se saisir de cette question. Malheureusement, plus d’une année après, rien n’est fait.
Rédaction
Un commentaire
Cette fondation a dénoncé, mais ne peut pas mener des actions citoyennes pour contrer ces anti-valeurs.
Où est la Société civile? C’est une des forces vives qui peut mener des actions citoyennes. Que la fondation interpelle cette structure citoyenne; c’est mon point de vue.