
Il y a des mots qui blessent plus profondément que des armes. Dans une province aussi sensible que l’Ituri, où chaque jour est un combat pour l’information, la sécurité et la justice, la parole publique doit être mesurée, respectueuse, et porteuse de sens. Malheureusement, ce vendredi 25 juillet 2025, la population a été témoin d’un dérapage regrettable.
Jean-Bosco Mbuyi Kola, policier de carrière et actuel Maire de la ville de Bunia, a affirmé publiquement ;
« Les Ituriens préfèrent faire du journalisme parce qu’ils manquent d’emploi ».
Cette déclaration a sonné comme une gifle pour les femmes et les hommes qui, chaque jour, prennent le micro, la plume ou la caméra pour informer, dénoncer, et servir leur communauté. Réduire le journalisme à un simple refuge pour chômeurs, c’est ignorer tout ce que représente ce métier, un engagement, un courage, un choix souvent fait au détriment de la stabilité financière, parfois au péril de la vie.
Dans un article de Buniaactualite.cd, le dit média a décidé d’imposer un embargo médiatique sur toutes les activités officielles du Maire pour un mois et que des excuses publiques soient présentées. Cette décision, rare mais symbolique, témoigne d’une volonté de faire respecter une profession trop souvent malmenée.
Car au fond, le problème n’est pas tant la phrase elle-même que ce qu’elle révèle : une crise de considération, un chômage de conscience. Non pas chez les journalistes, mais chez certains dirigeants qui semblent avoir perdu le sens des responsabilités et de la parole publique. Ceux-là confondent autorité et arrogance, oubliant que gouverner, c’est aussi écouter, dialoguer, et respecter.
Le journalisme n’est pas un métier par défaut. C’est un choix de société. Dans les zones fragiles comme l’Ituri, les journalistes sont souvent les seuls à faire le lien entre le peuple et le pouvoir, à faire entendre les voix étouffées, à exposer ce que d’autres préféreraient garder dans l’ombre. Les insulter, c’est insulter l’information, la démocratie et la vérité.
On aurait attendu d’un Maire, garant de la cohésion sociale, un mot d’encouragement ou de reconnaissance pour ceux qui, malgré les maigres moyens, continuent de servir la population par leur plume et leur parole. On a eu, à la place, du mépris.
Mais peut-être que cette crise est salutaire. Peut-être qu’elle réveillera les consciences, réveillera l’opinion, et rappellera que le respect du journalisme est un indicateur fort de la santé démocratique d’une société.
En attendant, les journalistes de l’Ituri restent débout. Et leur silence, loin d’être un abandon, est un message fort
« Nous ne sommes pas des chômeurs, nous sommes des veilleurs », font savoir certains journalistes mécontentement.
Ainsi, le média en ligne Aruinfos.com se joint à Buniaactualite.cd en suspendant toutes les activités du Maire de la ville de Bunia pendant un mois également en attendant des excuses de l’autorité urbaine pour faire respecter ce métier aussi noble qui accompagne régulièrement les activités de l’état de siège.
Rédaction
Un commentaire
Merci pour cette décision de suspendre vos activités. Faites respecter votre métier, oh combien noble! Les injures publiques au 21è siècle devraient nous pousser à réfléchir à l’avenir de notre chère patrie. Les chroniqueurs méritent mieux