
Lancés il y a près de 4 mois avec un grand espoir, les travaux de la réhabilitation du tronçon routier Ariwara-Kengezi, respectivement dans les chefferies des Zaki et Kakwa, dans le territoire d’Aru, province de l’Ituri, à l’est de la République démocratique du Congo, long d’environ 65 km, connaissent aujourd’hui des critiques de plus en plus nombreuses, notamment de la part de la jeunesse locale.
Ces travaux sont exécutés par l’entreprise Petro City, sous l’impulsion du gouvernement provincial de l’Ituri.
Dès le début du projet, la population avait exprimé sa satisfaction face à cette initiative censée soulager les usagers d’une route longtemps impraticable.
« Depuis le début du lancement de ce projet, nous étions très contents, car la population souffrait énormément à cause de l’impraticabilité de la route. Nous avions d’ailleurs rendu hommage au gouverneur de province pour cette initiative », a rappelé Trésor Ayiki, président des jeunes Kakwa.
Cependant, après près de 4 mois de travaux, l’enthousiasme initial semble s’estomper. Les critiques portent notamment sur la lenteur de l’exécution, la qualité des matériaux utilisés et la durabilité de l’ouvrage.
« Certains tronçons déjà réhabilités commencent à se dégrader, alors même que le chantier n’est pas encore arrivé à sa destination », alerte M. Ayiki, qui s’interroge sur la suite du chantier.
« Est-ce que les équipes vont revenir réparer ces parties déjà abîmées » ?
Les jeunes dénoncent également l’absence de certaines techniques essentielles à la longévité de l’infrastructure.
« Il est nécessaire que cette route soit bien construite et tienne dans le temps. Nous insistons notamment sur la portion à partir du rond-point Kamaka, où il faut renforcer la qualité de travaux pour garantir une route solide et durable », ajoute-t-il.
Dans un vox pop recueilli sur place, plusieurs habitants partagent des points de vue différents.
« Je suis content que la route soit élargie, mais il faut un reprofilage ».
Un autre ajoute
« Ils ont bien travaillé, mais à certains endroits, la qualité n’est pas bonne. C’est aménagé seulement il y a quelques jours et elle se dégrade déjà. Des ravins, la boue… Selon moi, il y a des endroits carrément à reprendre ».
En attendant une réaction officielle de l’entreprise Petro City, la population espère que ses préoccupations seront prises en compte pour garantir une route durable. Nous y reviendrons.
Jonas ALORO