Dimanche 9 novembre 2025, sur instruction de la division provinciale des Mines et Géologie de la province de l’Ituri, en République démocratique du Congo, Mathias Kinkonko Musigwa, inspecteur de ce service public de l’état se journe dans le territoire d’Aru pour sa mission routinière d’inspection trimestrielle des activités aurifères et minières, plusieurs défis majeurs ont été mentionnés.
Lors d’un entretien accordé à Aruinfos.com, il a exposé les contours de sa mission : « Notre rôle consiste à contrôler toutes les activités minières, notamment l’exploitation, le traitement, achat, vente, exportation, transformation des substances minières dans l’ensemble de la province de l’Ituri ».Mais cette tournée d’inspection met également en lumière des défis persistants à Aru. « Nous constatons peu d’activités d’exploitation locale, l’or que nous repérons provient souvent des autres territoires voisins comme Mahagi, voire d’autres provinces comme le Haut‑Uele », explique l’inspecteur Musigwa.
Parmi les obstacles relevés : un nombre disproportionné de négociants d’or par rapport aux exploitants et absence des contoirs miniers agréés. « Le plus grand défi ici, ce sont les négociants nombreux, mais peu d’exploitants de l’or dans le territoire d’Aru avec un manque de comptoir agrée unique pour le territoire d’Aru »
En réponse, il suggère une piste:
« Nous devrions installer un comptoir agréé dans le territoire d’Aru afin que la transformation et la vente s’y tiennent localement, plutôt que de faire le trajet jusqu’à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri où un comptoir agrée s’y trouve, surtout avec les problèmes sécuritaires qui gangrènent la province de l’Ituri ou même de passer par l’Ouganda, pays voisin ».
Une autre difficulté mise en exergue concerne la porosité des frontières:
« Les services des Contrôle minier, mission d’inspection trimestrielle en Ituri, défis majeurs à Arur et contrôler toutes les personnes et marchandises qui passent vers l’Ouganda ».
« Il y a ici un enjeu crucial, si l’État veut réellement bénéficier de l’or extrait sur son territoire, il doit reconnaître l’importance d’un maillage local des structures agréées et d’un contrôle renforcé des flux transfrontaliers », ajoute‑t‑il.
« L’artisanat minier en Ituri reste à la fois un atout économique et un terrain complexe, marqué par la présence de chaînes non formalisées qui impliquent des pertes fiscales, des risques de conflits et une faible valorisation des ressources locales », regrette M. Musigwa.
Pour Aru, selon notre source, il s’agit désormais de mettre en œuvre des mesures concrètes comme l’ouverture d’un comptoir agrée d’achat d’or sur place, renforcer les équipes mobiles d’inspection, sécuriser les zones minières et les corridors frontaliers enfin de faire de l’or de l’Ituri un levier de développement local durable.
Ce dernier a également appelé tout conducteur des engins oeuvrant dans le secteur minier pour le transport des matériaux de construction comme les moellons, briques et autres, des exploitants miniers à venir s’identifier au service de mine pour les identifier afin de lever toute suspicion d’un travail illégal.
Cédrick ARNOLD
