Alors que les autorités sanitaires tentent de rapprocher les soins de santé maternelle des populations, un phénomène persistant inquiète dans la communauté locale d’Aru, dans la province de l’Ituri, c’est la recrudescence des accouchements à domicile et une sensibilisation a été faite.
Rachel Lemaru, obstétricienne et cheffe de service de la gynécologie et obstétrique du centre de santé de référence Aru Ania a exprimé son inquiétude ce samedi 3 janvier 2026, lors d’un entretien exclusif accordé à Aruinfos.com
La professionnelle de santé déplore le fait que, malgré la proximité des structures sanitaires, certaines femmes, bien que rare, choisissent encore d’accoucher à domicile, exposant ainsi leur vie et celle de leurs bébés à de graves risques.
« Le phénomène des accouchements à domicile est encore bien présent dans notre communauté. Certaines femmes, bien que rare, préfèrent accoucher à la maison, alors que le gouvernement a multiplié les efforts pour rapprocher les structures sanitaires dans presque tous les coins du territoire. Ce comportement vulgaire est dangereux ».
Par ailleurs, Rachel Lemaru a détaillé les nombreux dangers encourus par les femmes qui accouchent en dehors d’un cadre médical.
« Une femme qui accouche à domicile peut à tout moment faire une hémorragie post-partum, développer une infection de l’utérus due à une mauvaise asepsie ou subir des déchirures graves pouvant entraîner une fistule obstétricale. Le bébé non plus n’est pas épargné, il risque une infection néonatale précoce, une pneumonie ou une hémorragie à cause d’un cordon ombilical mal sectionné », a-t-elle mis en garde.
Face à cette situation, l’obstétricienne appelle les femmes enceintes à se faire suivre et à accoucher dans les structures sanitaires disponibles, où elles peuvent bénéficier d’un accompagnement médical complet.
« Les femmes qui commencent les consultations prénatales n’ont rien à craindre. Elles reçoivent des vaccins, des médicaments pour la prévention du paludisme et autres, des examens médicaux et des conseils. De plus, les bébés y reçoivent les premiers soins dans des conditions d’hygiène optimales », a-t-elle rassuré.
Pour conclure, cette professionnelle de santé a lancé un message fort à la communauté locale, notamment dans les zones reculées :
« Nos mamans et jeunes filles doivent comprendre qu’il n’y a plus de raison de risquer sa vie en accouchant à la maison. Les structures sanitaires sont proches, les personnels sont qualifiés, et chaque femme a droit à un accouchement sécurisé. Aujourd’hui, il est inconcevable qu’une femme perde la vie en donnant naissance ».
Ce message s’inscrit dans une campagne continue de sensibilisation visant à réduire la mortalité maternelle et néonatale dans la région. Les autorités sanitaires sont ainsi appelées à redoubler d’efforts pour renforcer la confiance entre les communautés et les structures de santé.
Cédrick Arnold
