À Ariwara, dans la chefferie des Zaki, territoire d’Aru (Ituri), la question de la collaboration entre la population et les forces de sécurité refait surface. Si certains efforts des éléments de la Police nationale congolaise (PNC) et des FARDC sont salués, des voix s’élèvent néanmoins pour dénoncer des pratiques jugées abusives.
C’est le cas de Olivier Alio Odjioyo, secrétaire exécutif de la jeunesse de la chefferie des Zaki, qui pointe du doigt les amendes qu’il qualifie d’exorbitantes infligées par certains officiers de police judiciaire (OPJ).
Cette dénonciation a été faite ce mercredi 1er avril 2026, à l’issue d’un constat de terrain :
« Chers autorités, aujourd’hui la confiance entre la population et les OPJ n’est pas au bon fixe. Pour un fin bénin, on vous fixe une amande dépassant tout ce que vous détenez et certains remettent tout leurs avoirs aux OPJ. D’autres se demandent est-ce un Congolais comme moi qui est en train de me faire souffrir ? et se pendent après cela », déplore-t-il.
Selon lui, ces pratiques ont un impact profond sur le moral de la population et fragilisent davantage le lien avec les forces de l’ordre.
« Imaginez aujourd’hui une population qui a déjà la morale traumatisée aura vraiment confiance de collaborer à nouveau avec la Police ?. La morale traumatisée pour qu’elle reprenne son élan prend du temps. C’est que les OPJ font dans leurs différents bureaux, c’est déplorable et nous avons déjà les noms de ceux-là qui n’appliquent pas convenablement la loi, pourtant qu’ils ont besoin de nous et vice-versa », ajoute-t-il.
Il dénonce également un manque de sincérité dans certaines interactions :
« Ça se voit aujourd’hui, si un OPJ a besoin d’une information, il commence à vous dorloter mais une fois l’information reçue, l’on devient encore leurs cibles et ça ne nous fait pas du tout bien », regrette ce secrétaire de la jeunesse des Zaki.
Face à cette situation, un appel pressant est lancé aux autorités compétentes afin d’organiser des sessions de remise à niveau à l’intention des OPJ.
« Aux autorités compétentes d’organiser une remise en niveau pour les OPJ afin qu’ils maîtrisent mieux les lois du pays pour que le vivre-ensemble qui existait déjà entre nous puisse renouer », interpelle-t-il.
Par ailleurs, les Forces armées de la République démocratique du Congo bénéficient d’une perception plus positive dans la zone.
« C’est jusqu’à 75% que la population des Zaki collabore bien avec les FARDC malgré leurs points de contrôle, elles écoutent la population lorsqu’elle s’explique, mais avec la Police, il y a dégradation totale de collaboration », conclut-il à Aruinfos.com.
Contactées, certaines sources au sein de la Police affirment qu’il existe une bonne collaboration avec la population locale et disent ne pas avoir été saisies de plaintes formelles à ce sujet.
Entre accusations de dérives et appels à la réforme, la confiance entre la population des Zaki et la police apparaît aujourd’hui fragilisée, posant un défi majeur pour la sécurité et le vivre-ensemble dans cette partie de l’Ituri.
Rédaction
