À Aru, dans la province de l’Ituri, la question de la gestion des déchets devient de plus en plus préoccupante. Entre insalubrité grandissante et risques sanitaires, les spécialistes tirent la sonnette d’alarme sur les conséquences d’un problème souvent négligé.

Pour Jacques Atsikuru Maurice, environnementaliste et chef de quartier adjoint de Malembe à Ariwara, dans la chefferie des Zaki, contacté par Aruinfos.com plusieurs facteurs expliquent cette situation :
« Les principales causes de la mauvaise gestion des déchets sont notamment l’ignorance de la population face aux conséquences liées à leur mauvaise gestion, le manque de structures adéquates, que ce soit dans les ménages ou dans les lieux publics, ainsi que certains facteurs naturels, notamment la pluie », indique-t-il.
Selon lui, les conséquences sont multiples et touchent plusieurs aspects de la vie quotidienne. Sur le plan sanitaire, les risques sont particulièrement élevés :
« La mauvaise gestion des déchets favorise la prolifération de maladies telles que le paludisme, la fièvre typhoïde, ainsi que la multiplication d’insectes vecteurs ».
Les impacts environnementaux sont également alarmants :
« Elle entraîne la pollution du sol, de l’eau et de l’air, provoque des inondations après les pluies et contribue à l’insalubrité des rues ».
À cela s’ajoutent des conséquences sociales et climatiques non négligeables :
« Cette situation peut créer des conflits entre habitants autour de l’entreposage des déchets, tout en contribuant au changement climatique et à la disparition de certains espèces vivants », déplore M. Atsikuru.
Face à ce constat, l’expert rappelle les nombreux bénéfices d’une gestion responsable des déchets :
« Une bonne gestion des déchets permet de protéger la santé publique, de préserver l’environnement, d’améliorer le cadre de vie, de réduire les inondations, de conserver les ressources naturelles et de contribuer au développement durable ».
Enfin, Jacques Atsikuru Maurice lance un appel à la responsabilité collective :
« Nous appelons les habitants du territoire d’Aru à prendre des dispositions nécessaires, notamment en creusant des fosses pour les ordures dans les ménages. Les opérateurs économiques doivent installer des poubelles devant leurs établissements, et l’État doit également mettre en place des poubelles publiques dans les marchés et autres espaces publics », conclut-il.
À Aru, la lutte contre l’insalubrité ne dépend pas uniquement des autorités, mais de chaque citoyen. Car derrière chaque déchet mal géré se cache une menace bien réelle pour la santé, l’environnement et l’avenir de toute une communauté.
Cédrick Arnold
