
Si le territoire d’Aru compte assez de conflits de limites et pouvoir, c’est au tour de la chefferie des Aluru de franchir une étape importante dans sa quête du développement durable. Mardi, 2 décembre 2025 à Adranga, chef-lieu de la chefferie, un protocole d’accord a été officiellement signé entre les autorités traditionnelles, les leaders communautaires, les organisations de la société civile et la famille régnante pour régler un différend qui les opposent depuis plus de 3 ans dans cette partie de la province de l’Ituri, au nord-est de la République démocratique du Congo.
Cet accord vise à instaurer un cadre structuré de concertation afin de mieux coordonner les actions de développement local et renforcer la cohésion entre les différents acteurs du terroir. Il définit clairement les rôles, les priorités, les mécanismes de suivi ainsi que les modalités de prise de décision au sein de ce nouveau cadre de concertation.
Albert Atama Koliwa, délégué spécial de l’administration policière de l’état de siège, notable et chef de la délégation ayant piloté ce processus, a salué cette avancée significative avec l’effort de toutes les parties prenantes :
« Ce protocole est le fruit d’un long processus de concertation. Nous avons consulté toutes les composantes de notre communauté pour aboutir à ce document qui, nous l’espérons, servira de boussole pour notre développement commun. C’est un engagement pour l’unité et la coordination des efforts au service de la chefferie des Aluru ».
Sa Majesté Adia Sabho Sylvain, chef de la chefferie des Aluru, également présent à cette cérémonie s’est félicité de retour de la collaboration avec lui et sa population.
« Je suis très heureux de cette signature. Elle traduit notre volonté collective de travailler main dans la main pour le bien de notre population. La concertation est essentielle. C’est par le dialogue et la cohésion que nous pourrons bâtir une chefferie forte, prospère et respectueuse de nos valeurs, non par le desir du pouvoir ou par des disputes inutiles, et chacun devra maintenant respecter ses engagements et ses limites ».
Plusieurs participants présents lors de la cérémonie ont exprimé leur satisfaction. Pour eux, cette dynamique de dialogue et d’unité est un exemple à suivre pour d’autres entités coutumières du territoire d’Aru et de la province.
« C’est une très belle initiative. Cela va nous permettre de parler d’une seule voix, de prioriser les besoins de notre communauté et d’éviter les divisions inutiles ».
Il convient de rappeler que la mise en place de ce cadre concerté est le résultat d’un travail de fond, nourri par la volonté des parties prenantes de bâtir une chefferie plus forte, stable et tournée vers l’avenir. Ce protocole d’accord est désormais un outil de référence pour la mobilisation, la planification et la mise en œuvre des projets de développement au profit de toute la population.
Pendant près de 3 ans, un conflit de pouvoir à la tête de la chefferie, le manque de collaboration entre les forces vives et d’autres leaders communautaires freiner le développement des Aluru. Avec ce protocole d’accord, tout porte à croire que la chefferie pourra à nouveau décoller, longtemps en souffrance pour le manque de collaboration.
Cédrick Avantage