La problématique de l’état des routes de desserte agricole et de la persistance de la tracasserie militaire en chefferie des Kakwa refait surface dans le territoire d’Aru, en province de l’Ituri. Le député provincial Antoine Mopepe Agamile a saisi l’occasion de la pose de la première pierre du pont Kibi, le lundi 19 janvier 2026, pour interpeller les autorités provinciales sur ces défis majeurs qui freinent le développement local.
Située à plus ou moins 400 kilomètres de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, la chefferie des Kakwa demeure confrontée à un enclavement criant. Selon l’élu d’Aru, plusieurs routes de desserte agricole sont dans un état de délabrement très avancé, rendant pénible, voire impossible, l’évacuation des produits champêtres vers les centres de consommation et de négoce.
Dans son plaidoyer adressé au gouverneur militaire de l’Ituri, Antoine Mopepe Agamile a insisté sur la nécessité d’intégrer la chefferie des Kakwa dans les programmes d’entretien routier déjà en cours dans d’autres entités du territoire.
« Nous continuons aussi à demander à Monsieur Jonny Luboya N’Kashama, qu’il y a aussi des routes de desserte agricole en chefferie des Kakwa qui nécessitent un entretien. Nous citons l’axe routier qui mène vers le centre de Lundi, mais aussi la route qui relie la chefferie des Kakwa au Haut-Uele et tant d’autres routes d’intérêt provincial, mais aussi de desserte agricole. S’il y a possibilité de prendre ça en compte pour permettre à la population locale d’évacuer facilement tout ce qui est produit », a-t-il plaidé dans des propos recueillis par aruinfos.com.
L’élu provincial a regretté le fait que, malgré certaines interventions observées sur d’autres axes routiers du territoire d’Aru, aucune route de desserte agricole n’ait été réhabilitée en chefferie des Kakwa durant cette phase, accentuant ainsi l’isolement de cette entité.
Outre la question des infrastructures routières, Antoine Mopepe Agamile a également dénoncé la persistance de la tracasserie militaire, particulièrement aux barrières érigées sur différents axes de circulation.
« Nous voulons de l’occasion demander au comité de sécurité présent ici d’avoir un œil regardant sur la situation de la tracasserie militaire parce que la population nous appelle trop sur cette question, surtout aux barrières militaires. Les passagers paient de l’argent avant de passer, même s’ils partent au champ ou à un lieu de deuil. C’est une situation qui inquiète. Il faudrait qu’il y ait libre passage, cela va faciliter aussi la collaboration civilo-militaire », a martelé le député provincial.
Une situation d’autant plus préoccupante, selon lui, qu’elle persiste alors même que le gouvernement central a procédé au doublement de la solde des militaires Congolais, une mesure censée améliorer leurs conditions de vie et réduire les abus envers la population civile.
Par ailleurs, Antoine Mopepe Agamile a salué le climat de paix qui prévaut dans le territoire d’Aru, appelant ainsi la population locale à préserver cet acquis essentiel au développement durable.
« Le message pour le territoire d’Aru, c’est de continuer à cultiver cette paix. Vous savez que sur les cinq territoires de l’Ituri, Aru fait la particularité de sauvegarder la paix, et nous invitons toutes les couches de la population à contribuer pour consolider cette paix. À Aru, nous avons besoin de consolider cette paix mais aussi le développement », a-t-il exhorté.
Profitant de cette tribune, l’élu provincial a également appelé les autorités à renforcer leur accompagnement en faveur de la population locale à travers des projets concrets de développement.
« À l’autorité de continuer à aider aussi la population par des projets, parce que ça fera satisfaction pour toute la population », a-t-il souhaité.
Il convient de rappeler que ce message a été suivi directement par l’administrateur policier du territoire d’Aru, le commissaire supérieur principal Richard Mbambi Kingana Kitabakulu, ainsi que par le conseiller du gouverneur militaire, le capitaine Yanula Malisi. L’espoir demeure que ce plaidoyer atteigne l’autorité provinciale afin qu’une solution palliative soit trouvée pour répondre aux besoins urgents de la population de la chefferie des Kakwa, encore fortement enclavée.
Patrick ETSEA
