La question des limites administratives demeure un véritable casse-tête dans le territoire d’Aru, en province de l’Ituri. Plusieurs villages du secteur de Ndo font actuellement face à des menaces en raison de conflits frontaliers non résolus avec des entités administratives voisines.
Selon les autorités locales, le cas le plus concret concerne quatre villages du secteur de Ndo qui subissent des pressions de la part du territoire voisin. Cette situation affecte également d’autres groupements du même secteur, dont les populations commencent déjà à ressentir les conséquences de ces différends administratifs avec les entités voisines, notamment dans les territoires frontaliers de la province de l’Ituri et celle du Haut-Uélé.
Lors d’un point de presse consacré à l’état des lieux de son entité, le chef du secteur de Ndo, Sa Majesté Omu Atabar Israël, a évoqué plusieurs préoccupations, notamment la question de la délimitation administrative. Il a également rappelé les promesses faites par les autorités provinciales concernant la résolution de ces conflits.
« La situation sécuritaire actuelle du secteur de Ndo est calme, c’est pour cela que nous félicitons l’AT d’Aru, le colonel Richard Mbambi Kingana Kitabakulu pour les efforts fournis. Mais pour nous, il y avait eu certaines promesses faites par les experts de l’Institut National Géographique par rapport aux conflits de limites administratives. Il était dit que des bornes devraient être érigées, mais jusqu’à présent cela n’est pas encore fait », a rappelé Omu Atabar Israël à Aruinfos.com.
Selon les autorités locales, cette situation entraîne déjà plusieurs conséquences pour la population du secteur de Ndo. En effet, cette entité partage des frontières directes avec le territoire de Mahagi, notamment avec la chefferie de Djukoth à travers le groupement Djukoth 2 et plusieurs villages du groupement Obitabo, notamment Kaladaw, Pari et Okotu, ainsi qu’une partie du groupement Biringi, du côté de Takpa, sont également concernés par ces tensions frontalières.
Par ailleurs, le secteur de Ndo partage aussi des limites avec la province du Haut-Uélé, plus précisément dans le territoire de Faradje. Les groupements Biringi, Obitabo et Rungu sont particulièrement concernés par la question de deux bornes administratives toujours attendues.
La première borne devrait être érigée sur la colline de Drii, afin de délimiter la chefferie de Logo Obelebha et le groupement Azayi. La seconde concerne la zone de Dhongho, précisément dans les localités de Boo et Bholi, où le groupement de Biringi partage également des frontières avec les villages voisins.
Face à cette situation, les autorités du secteur de Ndo estiment que ces différends administratifs contribuent déjà à fragiliser la sécurité locale. C’est pourquoi le chef du secteur appelle à l’intervention du gouvernement provincial.
« Si le gouvernement provincial pouvait faire descendre une fois de plus l’équipe de l’Institut National Géographique pour résoudre cette situation pour les parties concernées dans un bref délai, ce serait une bonne chose », a-t-il suggéré.
Il convient de signaler que la majorité de la population du secteur de Ndo vit principalement de l’agriculture et du petit commerce. Toutefois, ces activités sont aujourd’hui affectées par l’insécurité liée aux conflits de limites administratives. Pour l’instant, les déplacements et les échanges avec les populations voisines, que ce soit du côté de Mahagi ou du Haut-Uélé, restent légèrement perturbés.
Jules BHALOBA MATUA
