Dans la chefferie des Zaki, en territoire d’Aru, dans la province de l’Ituri, les conflits liés à la terre prennent une ampleur inquiétante. En cause, notamment, le manque d’opportunités d’emploi pour les jeunes, une situation qui accentue la pression sur les ressources foncières et fragilise la cohésion sociale.
Selon Cyprien Mungutsi Okuti, secrétaire de l’ONG Lutte pour le Développement en Milieu Rural (LDMR), la disparition progressive de certaines opportunités économiques a plongé de nombreux jeunes dans l’incertitude :
« Par le passé, plusieurs jeunes travaillaient dans des sociétés de tabac comme la BAT et autres, ce qui leurs permettaient de subvenir à leurs besoins. Aujourd’hui, ces emplois se font rares, laissant la majorité de jeunes sans occupation stable et les jeunes sont dépassés, ils ne savent pas ce qu’ils peuvent faire », regrette-t-il.
Face à cette situation, une grande partie de la jeunesse se tourne vers l’agriculture, ce qui intensifie la compétition autour des terres cultivables :
« Actuellement, près de 80 % de jeunes dépendent de l’agriculture pour survivre. Une situation qui accentue la pression sur les terres cultivables et provoque des conflits fréquents entre voisins », indique-t-il.
À cela s’ajoute la croissance démographique, qui vient encore aggraver les tensions dans cette zone réputée agricole :
« Nous constatons aussi une augmentation de la population, ce qui accentue davantage les conflits fonciers, surtout que beaucoup de jeunes n’ont pas accès à l’emploi, ce qui reste, c’est de cultiver », souligne-t-il.
Dans ce contexte, un appel pressant est lancé aux autorités et aux acteurs économiques afin de trouver des solutions durables :
« Nous demandons aux autorités de nous aider à créer des emplois pour les jeunes. Même les commerçants peuvent contribuer en offrant du travail afin de lutter contre les conflits », avant de rappeler que « la vente illicite de la terre par les autorités ou ceux ayant des moyens pour dominer sur leurs membres des familles qui vendent aujourd’hui illicitement la terre mettent présentement les jeunes en difficulté de cultiver ou d’avoir un espace pour loger sa famille, c’est ce qui entraîne aujourd’hui des conflits de terre familiaux ou avec des voisins », plaide-t-il.
Dans cette partie de la province de l’Ituri, la question foncière reste un enjeu majeur, souvent à l’origine de tensions communautaires. Pour de nombreux observateurs, la création d’emplois pour les jeunes apparaît désormais comme une solution incontournable pour réduire les conflits et renforcer la paix sociale.
Jean-Chrys Enga

Un commentaire
Bien réfléchi et bien dit. Il faut passer à l’application