Face à la persistance de l’insalubrité dans la commune rurale d’Aru, située à plus 300 kilomètres de Bunia, chef-lieu de l’Ituri, en RD Congo, les autorités environnementales tirent la sonnette d’alarme et appellent à une prise de conscience collective.
Contacté par la rédaction de Aruinfos.com, l’inspecteur communal de l’environnement évoque de nombreux défis auxquels son service est confronté au cours de ce premier trimestre de l’année 2026, notamment en matière de gestion des déchets, d’urbanisation et de sensibilisation de la population.
« Nous faisons face à plusieurs insuffisances structurelles freinant l’action du service, notamment l’absence de bureau, le manque de décharge publique, ainsi qu’une faible coordination avec certains services techniques, notamment le cadastre et le service des titres fonciers », a-t-il expliqué.
L’inspecteur déplore également le non-respect des normes environnementales en matière de lotissement et de construction.
« Selon la loi, à 100 mètres d’une source d’eau, on ne peut pas lotir. Mais à Aru, ce n’est pas respecté. Le lotissement se fait même dans les bas-fonds et des constructions sont érigées dans des zones interdites. D’ailleurs, face aux plaintes de la population, les autorités communales ont dépêché les services techniques sur le terrain pour constater les irrégularités. Malgré plusieurs correspondances adressées aux concernés, les réactions tardent à venir, poussant les autorités à interdire certaines constructions à proximité des sources jusqu’aujourdh’hui », a dénoncé la même autorité.
Par ailleurs, la gestion des déchets demeure une autre préoccupation majeure. L’inspecteur souligne que la situation reste critique
« La situation reste encore inquiétante, en raison notamment du manque de sensibilisation et du non-respect des bonnes pratiques par une partie de la population et nous avons cette responsabilité là d’expliquer à la population comment bien gérer les déchets et les orienter vers des lieux appropriés. Mais beaucoup de gens négligent encore ces règles et nous allons continuer jusqu’à ce que tout soit fait », a-t-il ajouté.
Dans cette optique, des actions de sensibilisation ont été renforcées selon lui :
« Nous renforçons déjà les actions de sensibilisation, notamment à travers des descentes quotidiennes sur les grands axes et les carrefours, impliquant les services de l’environnement et de l’hygiène, sous l’impulsion de l’autorité communale, l’ingénieur technicien Johnny Wadri Adyoma, bourgmestre de la commune », a fait savoir l’inspecteur.
Il appelle enfin à une mobilisation générale, soulignant que la lutte contre l’insalubrité ne peut être efficace sans l’implication active de toute la communauté.
« Nous demandons à chacun de prendre conscience, de bien gérer ses déchets, de les conserver dans sa parcelle, de les incinérer si possible ou de les déposer dans des endroits appropriés, car la gestion de déchets ne peut être efficace que si tout le monde s’y met », a-t-il lancé.
Une situation qui met en évidence l’urgence d’un engagement collectif pour assainir la commune d’Aru et préserver durablement la santé publique et l’environnement.
Dieudonné DRAMA
