À l’ère de la circulation rapide de l’information, la radio demeure l’un des moyens de communication les plus accessibles et les plus fiables pour les communautés rurales. Pourtant, dans la commune rurale d’Aru, de nombreuses familles continuent de sous-estimer l’importance des stations de radio locales, au détriment de leur propre droit à une information crédible et utile.
C’est le constat alarmant dressé par Cyprien Djamba Ovoga, animateur à la radio Salama d’Aru. Selon lui, une grande partie de la population n’accorde pas encore à la radio la place qu’elle mérite dans le quotidien des ménages.
« La population de la commune rurale d’Aru ne réalise pas encore pleinement l’importance de nos stations de radio locales. Beaucoup de familles n’ont même pas un poste récepteur à la maison, alors que la radio est un outil essentiel pour suivre l’actualité et comprendre ce qui se passe autour de nous », déplore-t-il.
À travers son message, Cyprien Djamba interpelle la conscience collective et invite chaque citoyen à faire de l’information une priorité. Pour lui, posséder un poste radio n’est pas un luxe, mais une nécessité.
« Avoir un poste récepteur permet de suivre les informations locales, provinciales, nationales et internationales. Même si l’on n’écoute que quelques minutes par jour, cela suffit pour rester informé et éviter d’être pris au dépourvu », souligne-t-il.
L’animateur regrette également que l’usage de la radio soit souvent limité à la diffusion de musique, au détriment des émissions d’information, d’éducation et de sensibilisation.
« Chez nous, on aime écouter les radios d’ailleurs, mais paradoxalement, nous abandonnons nos propres stations locales. Beaucoup se contentent de la musique, oubliant qu’un jour, face à une urgence ou à une situation grave, l’information fiable fera toute la différence », avertit-il.
Les radios locales d’Aru jouent pourtant un rôle fondamental dans la diffusion d’informations de proximité, souvent introuvables ailleurs. Elles relaient les nouvelles du territoire, des chefferies, des villages, mais aussi les alertes sécuritaires, sanitaires et sociales.
« Nos stations de radio nous informent sur ce qui se passe dans notre pays, notre province, notre territoire et même nos villages. Grâce à la radio, personne ne peut venir nous tromper avec de fausses informations ou des rumeurs qui détruisent la réflexion », insiste Cyprien Ovoga.
Selon ses estimations, à peine 45 % de la population disposerait aujourd’hui d’un poste radio, un chiffre largement insuffisant pour une communauté qui fait face à de nombreux défis.
« Il y a parfois des informations cruciales diffusées à la radio, mais faute de récepteurs, beaucoup de personnes passent à côté. Dans des situations malheureuses ou urgentes, être mal informé peut aggraver les choses », prévient-il.
Ce plaidoyer rappelle que la radio reste un pilier de la démocratie locale, de la cohésion sociale et de la prévention des crises. À Aru, renforcer l’accès aux postes récepteurs et encourager l’écoute des radios locales, c’est aussi lutter contre la désinformation et bâtir une communauté mieux informée, plus consciente et plus résiliente.
Dieudonné DRAMA
