Des étudiants et quelques corps scientifiques ressortissants du territoire d’Aru (Ituri) ont échangé ce samedi 10 juin 2023 dans leur forum sur les atouts et conséquences après le dialogue tenue dernièrement à Aru avec des leaders des groupes armés locaux ayant débouché à la signature d’un protocole d’accord de paix.
Au cours de leur échange, plusieurs points de vue sont allés dans le même sens, mais aussi ils ont eu à émettre des suggestions.
“ Beaucoup ont estimé que les assisses qui ont eu lieu à Aru avec les rebelles, notamment de CODECO, FPI…, se reposent sous deux facettes. Ces dernières ont permis non seulement que l’image du territoire d’Aru soit positivement vendue en tant qu’un territoire hospitalier, où les différends entre les communautés sont résolus pacifiquement, mais aussi elles ont permis à envoyer un message aux autres territoires vivant dans les conflits intercommunautaires d’éviter les atrocités, et implication pour un développement durable ”, ont-ils dit dans des propos recueillis par le permanent de aruinformation.com à Kinshasa.
Avant d’ajouter :
“ C’est aussi un appel à une cohabitation pacifique pour s’assurer la sécurité ”.
Par ailleurs, quelques inquiétudes ont quand même pu tâcher d’huile par rapport au choix porté sur ce territoire. “ Il est une évidence que c’est une entité pacifique et docile, mais faudrait-il s’y retrouver pour échanger ou dialoguer avec les rebelles, qui longtemps brillent dans les actes ignobles et criminels après plusieurs assises tenues avec ces groupes armés ailleurs ? ” s’interrogent ces scientifiques d’Aru.
Certains parmi eux ont estimé que la facette dangereuse de ce dialogue à Aru est celle de compromettre la sécurité de ce territoire, car depuis la tenue de celui-ci, la population d’Aru vit un moment fréquent de psychose, en pensant que ces rebelles peuvent continuer à actionner à son sein. Les autres sont allés dans le sens de fustiger le choix porté sur cette entité, car selon eux, il devrait se tenir à Bunia, siège administratif de l’Ituri.
En outre, d’autres se rassurent plutôt en disant qu’aucune expansion des actions de ces rebelles ne verra jour à Aru car sa population ne collabore jamais avec les groupes armés, comme dans d’autres territoires, où l’on note une importante implication de la population locale, qui occasionne la montée en puissance de terrorisme de ces derniers. Le fait qui inquiète encore plus ce corps scientifique est le fait que ces rebelles, avec les délégations des autorités et de la Monusco ont eu à circuler dans le centre commercial d’Ariwara et visité quelques œuvres du développement réalisées par la population locale.
Rappelons que ces assises se sont tenues à Aru sur décision du Gouverneur militaire de la province de l’Ituri, Johnny Luboya N’kashama avec les différents représentants des groupes armés de l’Ituri opérant dans les territoires de Djugu, Irumu, Mambasa et Mahagi, ensemble avec une délégation de la Monusco, à dater de 27 mai au 01 juin dernier.
Jean Baptiste LENI
