Au-moins 170 cas de violence sexuelle ont été enregistrés par la Solidarité Féminine pour la Paix et le Développement Intégral (SOFEPADI), dans le cadre du projet HPP, appuyé par le partenaire TROCAIRE, qui a commencé à travailler dans la chefferie des Kakwa, en territoire d’Aru à plus de 300 kilomètres au nord de Bunia, depuis 2019.
Dans un entretien ce mercredi 16 Mars 2022 avec aruinformation.com, le Chef d’antenne de la SOFEPADI Adi, a précisé avoir notifié plusieurs cas de violence sexuelle.
« En 2021, nous avons enregistré 170 cas de violence sexuelle. La tranche d’âge la plus touchée est celle qui varie entre 14 à 19 ans », fait savoir Emmanuel Abataki.
Pour ce qui est des causes de l’augmentation de la violence sexuelle, Emmanuel Abataki, affirme que le phénomène-soirée reste la grande porte.
« Par rapport aux plaintes reçues auprès des survivants, nous avons trouvé que plusieurs victimes ont été violées pendant des activités nocturnes. Dans notre milieu, c’est le phénomène de la soirée (RAA) qui conduit les jeunes à prendre abusivement la boisson fortement alcoolisée et qui conduit finalement au viol ici en chefferie des kakwa », fustige-t-il.
Avant de rajouter:
« Pour ce qui est de l’assistance pour les survivantes de violence sexuelle, elle est holistique dans les trois volets dont la prise en charge médicale, prise en charge psychologique et la prise en charge judiciaire », a-t-il renchérit.
Parlant aussi des difficultés majeures, la prise en charge juridique demeure problématique.
Par ailleurs, il condamne le traitement d’un dossier de viol à l’amiable.
« Pour la prise en charge juridique, étant donné que la communauté arrange certains cas à l’amiable, ils oublient toutes les conséquences parce que le viol a toujours des répercussions négatives sur la santé mentale et somatique d’un individu. L’arrangement à l’amiable est notre principale difficulté pour la prise en charge juridique ».
Avant de clôturer par prodiguer des conseils aux parents de bien veiller à l’encadrement de leurs enfants et de ne plus traiter des cas de violence sexuelle à domicile et à l’amiable car, ça sera une erreur tout en sachant qu’il faut prendre en charge les victimes.
Il y a peu, Richard Mbambi Kingana, administrateur du territoire d’Aru, avait, lors de sa tournée d’itinérance à travers son entité, rappelé les parents à l’encadrement de leurs enfants et avait formellement interdit la soirée ou la danse nocturne, communément appelé RAA.
Rappelons qu’à 2019, il y avait eu 148 cas de violence sexuelle, 176 cas en 2020 et en 2021, plus de 170 cas.
Il sied de signaler que lors des incursions de l’armée régulière du Soudan du Sud en 2021, l’on avait enregistré au moins 4 cas de violence sexuelle, perpétré par ses militaires incontrôlés sur les femmes congolaises de la chefferie des Kakwa.
Cléopas MABANZO
