
Dans une communication politique faite samedi 6 septembre 2025, le député national honoraire, Donatien Kanyi Nzia a évalué l’impact sécuritaire des agissements anti et pro-état de siège en Ituri, dans la partie est de la République démocratique du Congo.
Pour ce cadre de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS/Tshisekedi Fédération d’Aru), l’état de siège n’est forcément ni la cause principale, ni la solution idéale à la crise sécuritaire de l’Ituri. En revanche, la levée de l’état de siège n’est ni la solution magique, ni l’apocalypse pour l’Ituri, contrairement à ce qu’affirment l’un et l’autre de ces deux camps opposés.
« Nous attirons l’attention des autorités compétentes de notre pays la RDC et l’opinion tant nationale qu’internationale sur le fait qu’en Ituri, depuis un temps, la crise sécuritaire s’empire du fait de la farouche lutte d’intérêts entre les extrémistes anti et pro-état de siège; à tel point que les intérêts de ces deux camps l’emportent largement sur le sort de la population qui en paie le prix », a déclaré Donatien Kanyi Nzia.
À lui de dénoncer les agissements excessifs de chaque camp
« Pour les détracteurs, l’état de siège serait le principal problème de l’Ituri, et que sa levée serait la solution magique, c’est qui n’est pas correct au regard des réalités des problèmes de l’Ituri. Ces détracteurs ne reconnaissent pas les efforts de l’état de siège, notamment en matière de sécurité. Comme si cela ne suffit pas, les détracteurs ont choisi d’aggraver la situation en engageant ouvertement la guerre contre les FARDC dans le but, disent-ils, de chasser militairement l’état de siège en Ituri. Visiblement, ils n’ont pas de remords, ni aucune considération pour la population sur qui ils attirent expressément la guerre, une guerre de plus et inutile qui ne devrait pas avoir lieu. En introduisant des miliciens dans des villages afin d’attaquer les FARDC, ils savent bien qu’ils piègent la pauvre population. C’est pourquoi la responsabilité des affres de cette guerre incombe premièrement à ces extremistes anti état de siège. Nous savons aussi que l’Ouganda, le Rwanda et le M23, tous, exigent la levée de l’état de siège, comme si c’était leur affaire. Vis-à-vis de ces derniers, il sied d’être prudent sans se laisser distraire ou emballer par leur diversion ».
Et de poursuivre :
« Quant aux extrémistes pro-état de siège, ils pêchent par l’arrogance, et par une opiniâtreté frustrante. En effet, selon ce camp, l’état de siège serait le salut pour l’Ituri. Pourtant, lorsqu’on considère la réalité du terrain, aujourd’hui à la cinquième année de l’état de siège, la sécurité qui est sa première mission bat de l’aile. Aussi, les tueries, massacres, pillages et destructions des biens de la population continuent. En plus, sous l’état de siège, aucun groupe armé n’est démantelé, plutôt son nombre à doublé; les massacres et tueries ont atteint leur paroxysme en Ituri ».
Soutenir avec arrogance que l’état de siège serait le salut pour l’Ituri, frustre l’opinion
« C’est comme si tous ces massacres qu’on déplore seraient des actes de bravoures qui justifieraient le maintien de l’état de siège ».
Cet ancien administrateur du territoire d’Aru invite à l’apaisement des cœurs en faveur de la paix.
« Nous pensons que la recherche de la paix passe avant tout par l’apaisement des cœurs des victimes. Les propos qui n’apaisent pas les cœurs sont des armes contre la paix. Il est donc important pour ceux qui soutiennent l’état de siège, ça peut-être leur droit, mais qu’ils s’y prennent sans arrogance parce qu’il y a beaucoup de victimes innocentes, enfants, femmes déplacés massacrés sans être protégés et leurs proches survivent dans la douleur. Le même camp soutient que la levée de cette administration militaire équivaudrait à l’apocalypse pour l’Ituri. Là aussi ils ont tort, car avant et après l’état de siège, l’Ituri reste une zone opérationnelle ».
Devant cette guéguerre entre ces deux camps extremistes avec d’impacts néfastes sur la sécurité en Ituri, ce député national honoraire a lancé un message vibrant au chef de l’État et à la cheffe du Gouvernement.
« Nous vous prions, au delà de tous les brouhahas des extrémistes anti et pro-état de siège, que la situation de l’Ituri soit reconsidérée non pas en mettant l’accent sur le sort de l’état de siège à lever ou à maintenir, plutôt en se focalisant sur le sort de la population qui souffre des affres de la guerre depuis des nombreuses années, aujourd’hui on en est à la cinquième année sous l’état de siège sans assurance d’en finir si tôt », interpelle-t-il le chef de l’État et la cheffe du Gouvernement.
L’acteur politique Donatien Kanyi pense qu’en réalité, « il y a lieu de résoudre d’une manière durable la crise sécuritaire de Ituri par un programme réaliste et cohérent porté par des institutions, avec ou sans l’état de siège.
Ainsi, les nombreux projets sans précédents initiés par le gouvernement et en pleine exécution en Ituri pourront bénéficier à une population pacifiée », conclut-il dans une exclusivité accordée à Aruinfos.com
Patrick ETSEA
Un commentaire
J’ai lu avec beaucoup de plaisir, mais surtout d’émoi la réflexion de mon estimé frère Honorable Donatien Kanyi Nzia.
Que sa voix retentisse jusqu’au sommet de l’État.
Honorable honoraire EDHEBHO SIRIGA Jean-Faustin.