
Les défis de la primeur de l’information face à la démocratisation des canaux de diffusion en République démocratique du Congo, l’essor du numérique a bouleversé le paysage médiatique au pays. Aujourd’hui, n’importe qui disposant d’un compte Facebook, Twitter ou WhatsApp peut diffuser une information en quelques secondes, souvent avant même que les médias traditionnels ne la relaient, c’est un défi à relever pour les journalistes.
Polycarpe Makombo, ingénieur informaticien et créateur de plusieurs sites d’informations, revient sur les difficultés liées à la profession des journalistes.
« Cette situation pose un défi majeur aux journalistes professionnels. Comment préserver la crédibilité et la qualité de l’information dans un environnement où la rapidité semble primer sur la vérification ? La fin du monopole des médias sur l’actualité autrefois, les médias comme Radio Okapi, Actualite.cd, Election-net ou 7sur7.cd détenaient un quasi-monopole sur la diffusion de l’information en ligne. Aujourd’hui, ils font face à une concurrence directe des citoyens, blogueurs, activistes et influenceurs qui partagent des nouvelles en temps réel, parfois sans aucune vérification. Ce phénomène a trois impacts majeurs. Les médias traditionnels sont sous pression pour publier rapidement au risque de propager des erreurs. Les fausses informations circulent plus vite que les corrections, créant une désinformation massive. L’information devient virale avant même d’être confirmée, rendant difficile le travail d’enquête. Dans cette course à la primeur, les journalistes professionnels sont pris entre deux exigences contradictoires : Informer vite pour ne pas être dépassé par les réseaux sociaux. Prendre le temps de vérifier les faits pour éviter la désinformation ».
Pour lui, certains médias comme « Politico.cd et election-net, ont mis en place des processus de vérification rigoureux, quitte à publier après les réseaux sociaux. D’autres adoptent une approche plus réactive en corrigeant leurs articles au fil du temps, un modèle risqué qui peut nuire à leur crédibilité. La démocratisation de l’information en ligne a profondément transformé le journalisme en RDC. Aujourd’hui, tout le monde peut être diffuseur de nouvelles mais tout le monde n’est pas journaliste.
« Les médias professionnels doivent relever les défis de la primeur sans sacrifier la qualité en trouvant un équilibre entre rapidité et vérification. Dans un monde où la première version d’une information est souvent celle qui marque le plus, les médias Congolais doivent innover pour rester pertinents et crédibles. L’avenir du journalisme numérique en RDC dépendra de leur capacité à s’adapter sans perdre leur essence : informer avec rigueur et responsabilité », a fait savoir Polycarpe Makombo, dans une exclusivité accordée ce samedi 15 mars 2025 à Aruinfos.com
JC Cazuar Enga