La sécurité des élèves à Aru devient une préoccupation majeure. Alors que la commune se présente comme un véritable pôle éducatif, certaines avenues stratégiques restent dangereusement livrées à elles-mêmes. C’est le cas de l’avenue Anglicane, où le préfet des études de l’Institut Salama d’Aru, Monsieur Gédéon Nyadri Agudru, lance un cri d’alarme face à l’absence quasi totale des services de régulation routière.
Situé à une vingtaine de mètres de la cathédrale Toussaint du diocèse anglican d’Aru, l’Institut Salama est une école conventionnée anglicane implantée dans la commune rurale d’Aru, en province de l’Ituri. Un emplacement qui, loin d’être un avantage, expose quotidiennement élèves et enseignants aux risques liés à une circulation incontrôlée.
Selon le préfet des études, l’abandon progressif de certaines zones scolaires par les agents de la Commission Nationale de Prévention Routière (CNPR) est à la base de cette inquiétude grandissante.
« Nous constatons avec amertume que les agents de la CNPR se limitent uniquement sur la route principale comme devant Lycée Adia Lemi et au Complexe scolaire Egumaku, en oubliant que la commune d’Aru compte plusieurs écoles situées le long des grandes artères routières », déplore-t-il.
Il souligne que l’avenue Anglicane connaît un trafic particulièrement dense ces derniers temps, mêlant motards, véhicules de grand tonnage et piétons, dans un espace où se côtoient écoles et lieux de culte.
« Cette route traverse nos écoles et notre église, avec un mouvement intense de motos et de véhicules. Pourtant, aucune mesure visible de sécurité routière n’est mise en place pour protéger les enfants », insiste-t-il.
Les heures de pointe scolaire constituent, selon lui, les moments les plus critiques.
« Entre 6h30 et 9h00 le matin, puis de 12h00 à 13h00 en midi, le soir de 16h30 à 18h30 les élèves se rendent à l’école ou rentrent chez eux. Pendant ces heures sensibles, nous demandons aux motards et chauffeurs de faire preuve de conscience, de réduire leur vitesse, voire de suspendre momentanément la circulation », plaide le préfet.
La crainte d’accidents graves n’est pas hypothétique, affirme-t-il.
« Nous avons peur qu’un drame survienne, car les incidents se répètent régulièrement sur cette avenue : bousculades d’enfants, frôlements dangereux, non-respect des piétons », alerte-t-il, rappelant que l’avenue Anglicane est entourée d’écoles maternelles, primaires, secondaires et même d’institutions universitaires.
Il lance également un appel particulier aux conducteurs de gros véhicules.
« Nous demandons aux véhicules de grand gabarit d’éviter autant que possible cette route, car les risques sont énormes pour nos élèves », souligne-t-il.
Enfin, le préfet des études dénonce ce qu’il qualifie d’abandon institutionnel des écoles.
« Nous avons l’impression que les écoles d’Aru sont abandonnées par la police de circulation routière, alors que notre commune est avant tout un milieu éducatif. Les autorités doivent agir sérieusement pour garantir la sécurité de nos enfants », conclut-il.
Face à cette situation, cet appel sonne comme un avertissement. Protéger les élèves, c’est protéger l’avenir d’Aru. Une présence effective des services de sécurité routière autour des écoles, particulièrement aux heures de pointe, apparaît aujourd’hui non plus comme une option, mais comme une urgence absolue.
Dieudonné DRAMA
