Le territoire d’Aru fait face à une montée exponentielle d’insécurité depuis quelques semaines.
Suite à la situation préoccupante dans cette partie de la province de l’Ituri en République Démocratique du Congo, Prince Amati Idringi propose à l’auditeur militaire de procéder à l’arrestation immédiate de l’administrateur policier et le numéro 1 de la Police Nationale Congolaise (PNC) d’Aru pour la mauvaise gestion sécuritaire.
Une énorme crise s’observe dans cette région, ayant conduit à la mort d’une vingtaine des personnes, tuées par d’inconnus armés selon le porte parole du gouvernement provincial.
« État donné que le magistrat militaire est à Aru pour les enquêtes, je demande l’interpellation et l’arrestation immédiate de l’Administrateur du territoire et le commissaire supérieur principal, commandant de la PNC pour incompétence, mauvais consignes militaires et mauvais ordres donnés aux éléments de la police qui sont tombés dans l’embuscade et qui ont perdu leurs âmes à Yuku », a-t-il recommandé.
Il dénonce aussi le silence de l’administrateur du territoire face à la situation qui continue à s’empirer, en dépit de toutes les informations à sa possession.
« Comment comprendre que l’A.T ait reçu toutes les informations sécuritaires d’Aru et connaissant ceux qui sont à la base de l’insécurité. Comment il peut donner l’ordre en distance malgré tous les moyens logistiques à sa disposition et le commandant de la Police pour que des éléments mal formés descendent sur terrain et tombent. N’a-t-il pas la cartographie sécuritaire de ses deux groupements ou des informations suffisantes sur ceux qui ont commis ces exactions ? Donc nous pensons que Richard Mbambi et le commandant de la PNC doivent répondre devant la justice », poursuit-il.
« Au moment où la situation sécuritaire prend de l’ampleur à Aru, l’AT nous laisse ici et part à Bunia pour une formation falatieuse où depuis qu’il est ici à Aru, il y a jamais eu de cas pareils et de nombres importants des morts d’hommes comme ça et laisse des gens mourir à Yuku et à Shaba. Qui va les enterrer et assister ? Mais lui préfère la formation que la sécurité. Y-a-t-il pas une fuite en avant puisque l’auditeur militaire est sur terrain pour des enquêtes ? » s’interroge M. Amati.
Cet acteur politique propose ainsi à l’autorité judiciaire de se saisir de cette situation. Ce, en appelant les deux autorités susmentionnées, à venir répondre de leurs actes devant la justice.
« Je demande à l’auditeur avec tous le respect d’interpeller l’AT pour qu’il se justifie et nous explique si qu’est ce qui est à la base de l’insécurité. Nous avons tant alerté que nos limites d’Aru avec les territoires de Mahagi et Djugu étaient poreuses mais à chaque fois qu’il y a meurtre de la part des miliciens venues d’autres territoires, on ne les arrêtent jamais et rentrent sans inquiétude ».
Pour lui, l’autorité territoriale devrait écourter son séjour à Bunia, et rentrer à Aru en vue d’être entendu par l’auditeur militaire.
Pointé du doigt, Richard Mbambi Kingana Kitabakulu a été joint au téléphone par aruinformation.com depuis Bunia où il sejourne. L’accusé s’est réservé de tout commentaire : en laissant entendre les mots : « Si un fou vient vous arracher le couvre corps devant votre case, vous allez poursuivre le fou pour récupérer votre habit ou rentrer dans la case ? Si vous avez un problème, allez à la justice ».
Nos efforts pour joindre le commandant territorial de la PNC n’ont pas abouti.
Rappelons que le territoire d’Aru sur l’ensemble, fait face à différents conflits fonciers. A cela s’ajoute la récente attaque des miliciens de Zaïre dans la chefferie des Lu pendant la période allant du 18 au 22 août dernier. Le dernier cas en date, est l’attaque de la nuit du lundi 28 août 2023 où, la milice CODECO a fait incursion dans le carré minier de Shaba dans le secteur des Ndo. Dans cette agglomération, ces inciviques ont tué au-moins 14 civiles, plus de 10 blessés. Des personnes ont également été prises en otages et d’importants dégâts enregistrés. Une situation qui engendre des réactions de part et d’autres, pour dénoncer la passivité des services de sécurité.
Jean Chrys Cazuar Enga
